Actualité 2015-16

Temple de la renommée NFL 2016: choix et « coup de coeur »

La semaine 17 sera bien moins dramatique et importante cette année, car les participants aux séries sont presque tous connus. Profitons-en pour poursuivre notre discussion sur le Temple de la renommée.

Comme à chaque année, il y a 25 demi-finalistes. Ils seront retranchés à 15 dans les prochains jours, puis à 10, et finalement 5 seront choisis. Je ne parle pas des candidats « seniors » car ils sont trop vieux pour que je les ai vu jouer…quoique je m’en approche, Ken Stabler a pris sa retraite pas ben ben longtemps avant que je commence à suivre la NFL 😉

Dans un monde parfait, le HOF devrait inclure des joueurs dominants qui ont connu une longue et fructueuse carrière. Ce sont les cas évidents, les gars qui devraient être admis à leurs premières ou deuxième année d’éligibilité. Cependant, quand l’un ou l’autre (domination ou longévité) laisse à désirer, je préfère le joueur dominant qui n’a pas joué super longtemps au joueur qui a simplement été « bon » pendant 12 ans. Je reconnais qu’une longue carrière veut souvent dire que le joueur a été capable de performer à haut niveau avec du personnel de support différent, souvent avec plusieurs entraîneurs et systèmes, ce qui veut en dire beaucoup. Par contre, si le joueur n’a jamais été dominant et considéré comme le ou un des meilleurs à sa position dans la ligue, et forcé les autres équipes à établir leur plan de match autour de lui, alors je ne pense pas que c’est un joueur digne du Temple. À cet effet, j’ai été déçu par les nominations récentes de gars comme Art Monk, Curtis Martin, Andre Reed et Tim Brown, même si ce sont des joueurs que j’ai beaucoup apprécié regarder jouer.

L’autre élément pour lequel je critique le processus de sélection est l’importance qu’ils accordent à l’aspect « personnalité ». Un gars comme Kurt Warner, qui est sympathique et qui était disponible pour les médias pendant sa carrière (les voteurs sont tous des membres des médias) a de bien meilleures chances d’être élu, alors qu’un gars comme Charles Haley, qui était reconnu comme l’inverse, a été boudé pendant des années. L’omission de Marvin Harrison l’an dernier s’inscrit dans cette même veine.

modern-era-Announce-story-2016La liste des 25 candidats est longue et je ne ferais pas la description de chacune des candidatures. Je crois qu’il y a cette année 3 candidats qui devraient être choisis sans hésitations : Brett Favre (à sa 1ere année), Orlando Pace (à sa 2e) et Marvin Harrison (2e). Leur feuille de route respective parle d’elle-même. J’ai discuté amplement de la valeur de Favre dans cet article. Pour Pace, oubliez les statistiques et les Pro Bowls, mais dites-vous que la ligue entière a passé une décennie à chercher le prochain Orlando Pace, et toute sa carrière on a souvent vu les équipes adverses changer leur meilleur « pass-rusher » de bord pour qu’il attaque l’autre bloqueur, reconnaissant que mêmes les meilleurs seraient neutralisés par Pace.

Harisson a été au début de sa carrière le point central de l’attaque des Colts. Avant l’arrivée et l’éclosion de Reggie Wayne, il était pas mal seul sur le terrain, et tout le monde savait que le ballon s’en allait vers lui. Quatre saisons de suite de 100+ catches de 1999 à 2002, avec les règles de l’époque, c’était inconcevable.

Quant aux deux autres places, voici les plus susceptibles d’être appelés:

Kurt Warner : il a connu une drôle de carrière mais quand même été au Superbowl 3 fois, et gagné le MVP deux fois.

Terrell Owens : un peu l’inverse de Warner, surtout dans sa relation avec ses coéquipiers et les médias…mais il a fort à parier qu’il sera admis un jour, peut-être pas cette année car c’est le tour de Harrison.

Tony Dungy : fort populaire mais je ne suis pas un fan. Les deux fois qu’il a quitté une organisation, l’équipe s’est rendue au Superbowl l’année suivante. Ça peut vouloir dire qu’il formait ses gens, mais aussi qu’il manquait un peu de chien et n’obtenais pas le maximum du talent à sa disposition. Et lui, en 13 années comme coach en chef, ne s’est rendu qu’une seule fois au Superbowl, et ça aura pris un revirement extraordinairement improbable dans le match de championnat pour s’y rendre. Et au Superbowl, il a eu la chance d’affronter Rex Grossman et l’une des équipes les plus faibles à s’être qualifiée pour le Superbowl dans les 20 dernières années. Avec tout le talent qu’il avait à sa disposition, autant à Tampa qu’à Indy, on peut prétendre qu’il n’a rarement ou jamais dépassé les attentes, et la plupart des saisons se sont terminées avec une défaite en séries face à une équipe inférieure.

Alan Faneca : à sa première année d’éligibilité, et le comité à tendance à n’inclure en 1ere année que les joueurs transcendants, ce qui n’était pas tout à fait son cas. Il y sera, mais pas cette année.

Kevin Greene : en est déjà à sa 10e année comme semi-finaliste. En voilà un qui a été dominant avec plusieurs équipes (Rams, Steelers et Panthers), dans différents systèmes. Ça nuit à son adoption comme « légende » d’une équipe, mais c’était tout un joueur.

Ty Law : était la pierre angulaire de la D des Patriots qui a gagné 3 Superbowls. Il avait le « don » d’être au bon endroit au bon moment…et ses duels épiques face à Manning et Marvin Harrison feraient en sorte qu’une intronisation la même année que ce dernier serait plutôt ironique.

Don Corryel : son apport au style aérien connu aujourd’hui est indéniable. Est-ce que ce que le HOF veut reconnaître? Si c’est le cas, Bud Carson et Dom Capers devraient y aller aussi si on pousse la logique à l’extrême. Sa feuille de route comme entraîneur-chef ne se compare pas à celle des autres déjà élus ou considérés.

Personnellement, parmi ceux qui ont une chance légitime, je penche pour Greene et Law. Mais la ligne est mince.

Par contre voici trois joueurs dont les chances sont faibles mais qui sont mes candidats coup-de-cœur, et qui devraient être dans la conversation selon moi :

Roger Craig : parlant de ce que Corryel a redéfini, Craig a redéfini le rôle du porteur de ballon comme receveur de passe. En 1985, il a été le premier à cumuler 1000 verges au sol et 1000 verges par la passe, menant la ligue pour les réceptions cette année-là. Cet exploit n’a été ré-édité qu’une seule autre fois dans l’histoire, par Marshall Faulk (Temple). Et en 1985, les équipes ne lançaient pas toutes pour 5000 verges! À ses 7 premières saisons, il n’a jamais cumulé moins de 1150 verges totales, dépassant le 2000 à deux reprises. Il rencontre aussi le critère d’excellence, ayant été joueur offensif par excellence en 1985, et était un sérieux candidat en 1988 également. Il a gagné 3 Superbowls dans lesquels il a marqué 4 touchés. Je n’ai jamais compris pourquoi on lui préférais des gars comme Curtis Martin, qui n’a approché le plateau des 2000 verges qu’une seule fois, sans jamais l’atteindre, ni jamais gagné le Superbowl.

Sam Mills : Difficile de traduire en chiffre l’impact d’un ILB qui ne fait ni sacks ni interceptions. J’aurais aimé que ProFootballFocus existe à son époque pour établir à quel point il pouvait être dominant. Après avoir mené la dominante défensive des Saints pendant des années, il est allé par la suite établir les fondations de la franchise des Panthers. Un joueur unique, passionnant à regarder, qui est sous-estimé par la nature de la position qu’il occupait.

Terrell Davis : l’exemple estrême de ma théorie de favoriser la domination sur la longévité. Pour une période de 3 ans, de 1996 à 1998, il a été simplement dominant, avec une moyenne de 1765 verges par saison au sol, marquant 49 touchés au sol! Et ce n’est rien qu’en saison régulière, car en séries, il est le RB le plus dominant de l’histoire, en 8 matches il a 1140 verges, une moyenne de 142.5 verges au sol par match, et 12 touchés. Extrapolés sur une saison de 16 matches, c’est une saison de 2280 verges et 24 touchés. Et c’est en séries, donc sans l’occasion de gonfler les stats contre des clubs de 3e ordre. Au cours de ces 3 saisons, il a également remporté le MVP du Superbowl (1997), MVP de la ligue (1998), et été la pierre angulaire de deux victoires au Superbowl, rien de moins.

Une de ses plus grandes critiques est le fait que quand il s’est blessé les années suivantes, des talents marginaux comme Olandis Gary et Mike Anderson ont quand même connu beaucoup de succès dans ce système des Broncos. Du succès, oui, mais pas de performances dominantes. Comment Davis aurait réussi dans un autre système? Ça demeure un mystère. Je pense qu’il y a un peu des deux là-dedans.

On en saura plus sur la pensée du panel la veille du Superbowl. Pour ma part, j’espère seulement qu’on regardera de plus près les accomplissements de ces quelques joueurs extraordinaires que la formule de sélection actuelle n’a pas appréciés à leur juste valeur jusqu’ici.

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