Actualité 2015-16

Finales d’associations NFL 2016 : Analyse et observations

À 2 semaines du Super Bowl, les finales de conférence auront donné des résultats bien différents. Un match fut très serré, alors qu’on a dû attendre un converti de 2 points à la fin du quatrième quart pour trouver un gagnant. Ultimement, la ligne à l’attaque des Patriots, dont la rhétorique pendant la saison était qu’elle était le point faible de cette offensive, aura confirmé sa réputation. L’autre match fut à sens unique, alors que Cam Newton sortit tout son arsenal pour découper la défensive des Cards pendant que Carson Palmer était déjà en train de réserver ses vacances.

L’importance d’une ligne à l’attaque

Dans ce qui s’est probablement avéré le dernier affrontement entre 2 légendes vivantes de la NFL, Tom Brady et Peyton Manning, ce sont leurs défensives respectives qui auront décidé de l’issue du match. Les Patriots ont fait une belle tentative de remontée, mais en fin de compte, la pression incessante du front défensif des Broncos fut trop importante.

Manning fut le meilleur quart dans ce match. Sans être spectaculaire, il a surtout évité de créer des revirements (son échappé est surtout dû à la nonchalance de Ronnie Hillman, qui a laissé aller une passe latérale), et même s’il a manqué quelques passes, il fut suffisamment bon en début de match pour laisser sa défensive s’occuper du reste.

C’est en complétant deux passes à Owen Daniels que Manning a donné les devants aux Broncos par la marque de 14-6 au début du deuxième quart. À chaque fois, Daniels y est allé d’une double feinte pour mystifier la défensive des Pats. Les Broncos ne marqueront que 6 petits points pour le reste de la partie, ce qui s’avéra assez pour la victoire. Emmanuel Sanders fut particulièrement efficace, battant à plusieurs reprises Malcolm Butler.

Broncos-Patriots-AFC-champ-2016Ce qui a vraiment fait la différence dans ce match aura été la domination du front défensif des Broncos. En première demie seulement, Derek Wolfe, Von Miller, DeMarcus Ware et Malik Jackson ont tous frappé Tom Brady d’une façon ou d’une autre, donnant la vie facile à leur tertiaire. Ce qui est le plus impressionnant, c’est que la plupart du temps, ils atteignaient Brady sur des pressions à 3 ou à 4, même pas besoin de blitz. Les 4 sacs du quart ne sont même pas près d’être indicatif de la pression qu’ils ont créée. Miller fut particulièrement épatant, totalisant 2,5 sacs, une interception et se rendant jusqu’à Brady à 4 occasions. Notons qu’officiellement, le front défensif aura frappé le quart-arrière des Patriots 20 fois! À titre de comparaison, la semaine dernière, les Chiefs ont atteint Brady 1 seule fois.

Passons aux Patriots maintenant, car ils faisaient figure de favoris dans ce match, mais n’avaient pourtant pas l’air de la meilleure équipe. Plusieurs raisons expliquent leurs déboires, et si l’on a parlé en bien précédemment du front défensif des Broncos, c’est en partie parce que la ligne à l’attaque des Patriots fut terrible. En plus de donner un nombre incalculable de pressions sur Brady, elle semblait incapable d’effectuer des ajustements. Il arrivait souvent qu’un joueur des Broncos n’était même pas bloqué lorsqu’il s’avançait sur Brady.

Il ne fait aucun doute que d’être constamment sous pression aura fait ressortir le pire chez la vedette des Patriots. Ses 2 interceptions étaient plutôt surprenantes pour un quart de ce calibre. De plus, il a manqué ses receveurs à quelques reprises pour des gains faciles. La peur d’être frappé sur chaque jeu le rendait clairement plus nerveux dans sa pochette protectrice. Et ce n’est pas comme s’il pouvait se fier au jeu au sol. En fait, après 3 quarts, les 2 plus longues courses appartenaient à Brady et Manning!

Tout de même, les Patriots étaient à un converti de 2 points d’envoyer le match en prolongation, et c’est grandement dû à la force de caractère de Brady, jumelée à des jeux importants en défensive. Dans les 7 dernières minutes du match, il a amené sa troupe à 3 reprises dans la zone payante. Les 2 premières fois se sont soldées par un revirement après avoir raté un quatrième essai. Mais à la troisième reprise, après une autre excellente séquence de leur défensive, Brady convertit 2 fois sur des quatrièmes essais, les 2 fois sur des passes improbables à Rob Gronkowski, dont la dernière pour le touché. Cependant, si les Patriots durent y aller pour 2 points après ce touché, c’est parce que leur botteur, Stephen Gostkowski, a raté le convertit d’un point plus tôt sur le touché de Steven Jackson (oui, oui, Steven Jackson!).

Gostkowski, qui a réussi ses 55 tentatives cette saison, ainsi que 502 de ses 503 tentatives en carrière (son seul échec remonte à son année recrue, en 2006, et le rata parce qu’il fut bloqué), affirme avoir perdu le match pour les Pats. Évidemment, quand on regarde le résultat net du match, en n’ayant pas manqué son converti, l’équipe de Bill Belichick aurait facilement égalé le match après le touché de Gronkowski. Sauf que c’est un peu tiré par les cheveux, considérant que le touché eut lieu au premier quart. Il faut toutefois avouer que le changement des règles pour les convertis d’un point cette saison a amené un couteau à double tranchant. Oui, ça peut rendre les matchs plus excitants, mais en même temps, c’est donner trop d’importance au botteur.

Belichick doit certainement prendre une partie du blâme, alors que son choix de jeux en fin de match ne fut pas judicieux. En fait, j’ai mentionné que les Patriots furent arrêtés à deux reprises dans la zone payante des Broncos au quatrième quart. Ayant opté pour le placement à chaque fois, les Patriots auraient pu remporter le match sur leur dernière possession. Mais bon, à ce stade, tout ça reste spéculatif. En fin de compte, ce qu’il faut retenir, c’est que la défensive des Broncos a tenu le coup de brillante façon.

Un massacre en Caroline

On entendait régulièrement parler des Panthers comme étant surévalué cette saison. Eh bien, après leurs 2 récentes performances, il ne fait aucun doute qu’ils entreront au Super Bowl largement favori. À la différence du match contre les Seahawks, ils n’ont pas ralenti la cadence en deuxième demie, optant plutôt pour un massacre en règle des pauvres Cardinals.

Les Panthers ont vraiment trouvé le moyen de commencer leurs matchs en force. Comme la semaine dernière, ils ont pris le contrôle dès la première demie, dominant une fois de plus leur adversaire sur toutes les facettes du jeu. En fait, en combinant leurs 2 dernières performances, ils ont dominé leurs adversaires 31-0 au premier quart, et 55-7 en première demie. Avec une telle domination, il est difficile de s’imaginer qu’une équipe puisse trouver l’énergie nécessaire pour effectuer une remontée.

La vedette de ce match reste sans aucun doute Cam Newton. Newton, qui recevra prochainement le trophée du joueur par excellence cette saison, s’est amusé comme un fou aux dépens de la défensive des Cardinals, autant par la passe, que par la course. À quelques exceptions, dont l’interception qu’il a lancée dans les mains de Patrick Peterson, il fut parfait dans ce match.

Cardinals-Panthers-NFC-champ-2016Ce qui est impressionnant match après match à propos de Newton, c’est qu’il possède une confiance en ses moyens qu’on a rarement vu chez un autre joueur. C’est cette confiance qui lui permet d’attaquer même les meilleurs demis de coin de l’équipe adverse. On l’a vu la semaine dernière avec Richard Sherman, et on l’a vu cette semaine avec Peterson. C’est également cette confiance qu’il a dans sa ligne à l’attaque, alors que peu importe le type de pression que lui présente l’équipe adverse, il reste de glace dans sa pochette protectrice, n’ayant aucunement peur de se faire frapper.

D’ailleurs, on aimerait parfois qu’il ait moins confiance, question de ne pas risquer les blessures. Chacune de ses courses est plus spectaculaire que la précédente, prenant le déguisement de Superman le temps de franchir la zone des buts, et réussissant l’atterrissage de manière plus ou moins élégante. Le meilleur exemple de cela est sur sa deuxième course pour le touché. Il a clairement le couloir pour entrer dans la zone des buts sur ses jambes, mais préfère tout de même sauter dans les airs, simplement pour le plaisir. Et c’est ce plaisir qui est reflété dans chacune de ses célébrations, à chaque fois qu’il remet le ballon du touché à un enfant dans les estrades, ou bien quand il exhibe son grand sourire alors qu’il se fait frapper (comme sur le touché de Devin Funchess).

Je prends le temps également de mentionner Ted Ginn, parce qu’autant on peut se moquer de ses échappées, autant il a connu un match fantastique, rappelant ses beaux jours à Ohio State (ses faits saillants sont d’ailleurs toujours disponibles sur Youtube, ça vaut vraiment la peine!). La pire chose à faire pour une défensive est de donner de l’espace à Ginn, qui est une menace à chaque fois qu’il a le ballon entre ses mains. Il s’est d’abord distingué avec un superbe retour de botté de dégagement au premier quart, donnant une excellente position sur le terrain pour la Caroline. Il a lui-même couru pour le touché sur cette possession, sur un jeu renversé parfaitement exécuté, d’où il s’est servi de sa grande vitesse pour déjouer les nombreux adversaires. Enfin, suite à l’interception de Peterson, il a remonté le terrain pour effectuer le plaqué, sauvant possiblement un touché.

Enfin, ce match à sens unique n’aurait pas été possible sans la prestation désolante de Carson Palmer. Le quart-arrière de 36 ans, qui en était seulement à sa quatrième partie en séries depuis le début de sa carrière (dont une où il s’est blessé sur le premier jeu du match), en a arraché, malgré la confrontation favorable. On s’imaginait qu’avec son groupe de receveurs de passes, il n’aurait aucune difficulté à profiter du peu de profondeur au niveau des demis de coin des Panthers.

Il n’est pourtant rien arrivé de tel. Palmer fut imprécis pendant toute la rencontre, et le front défensif des Panthers appliqua une pression constante, bien qu’on ne puisse comparer avec ce qu’on a vu au match précédent. De plus, les Panthers ont apporté les ajustements nécessaires afin d’aider leurs demis défensifs, en appuyant Robert McClain et Cortland Finnegan avec un maraudeur, pour éviter les confrontations à un contre un. Cette stratégie fut payante, alors qu’aucun des receveurs de passes des Cards n’a franchi la barre des 40 verges.

Mais en plus des passes imprécises, Palmer fut directement responsable de 6 revirements des siens dans ce match (Patrick Peterson fut l’autre coupable), dont 4 interceptions et 2 échappées. Les interceptions étaient souvent des passes en double couverture, assez atypique de ce que nous a présenté Palmer cette saison. De plus, elles enlevaient toute forme de momentum que l’équipe tentait de créer. Par exemple, à la suite du long retour de l’interception de Patrick Peterson, les Cards étaient en bonne position pour marquer des points à la fin de la demie. Cependant Palmer lança à son tour une interception, sur le jeu suivant, alors qu’il avait amplement le temps d’avancer le terrain.

Le seul joueur des Cardinals qui a connu un bon match est le porteur de ballon David Johnson, totalisant plus de 120 verges et un touché. Il fut instigateur de plusieurs beaux jeux, et aurait vu plus d’action, n’eût été la pente à remonter. Même Larry Fitzgerald a connu des ennuis, échappant 2 passes, ce qui ne lui arrive pratiquement jamais.

Broncos – Panthers

Super Bowl logo_broncos-panthers-2016-50Les Panthers s’en vont donc au Super Bowl face à la meilleure défensive de la ligue. Il sera intéressant de voir comment l’offensive de Mike Shula s’ajustera aux Von Miller, DeMarcus Ware et au front défensif des Broncos. En Peyton Manning et Cam Newton, le Super Bowl offrira donc une confrontation entre la nouvelle et la vieille génération, entre le quart-arrière prototype et celui mobile. Ayant prédit 2 défaites, à contrecœur, aux Panthers lors des rondes précédentes, je me dois de les considérer favoris lors du match ultime.

Alors voici ma prédiction : Panthers 30 Broncos 17

En espérant un match compétitif!

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