Actualité 2015-16

Demi-finale d’association NFL 2016 : Analyses et observations

Les demi-finales d’association auront offert leurs lots de rebondissements, qui, en fin de compte, ont vu les 4 équipes à domicile l’emporter. Chacune des confrontations s’est soldée par une possession de différence, rendant chacun des matchs plus enlevants que les autres. C’est sans aucun doute le match entre les Packers et les Cardinals qui nous a offert le plus de rebondissements. Devenu un classique instantané, il servira certainement d’exemple pour changer les règles de la prolongation. Enfin, les surprenants Chiefs ont trouvé un adversaire plus fort qu’eux, les Seahawks ne pourront venger leur défaite de l’an dernier et Peyton Manning, celui dont les prestations en début de saison étaient tellement mauvaises qu’on le voyait déjà à la retraite, mène les Broncos à la victoire.

Les Chiefs finalement battus

Chiefs-lost-playoffsLes Chiefs et les Patriots entraient dans ce match avec des séquences assez différentes. Les Chiefs avaient remporté leurs 11 derniers matchs, et l’avaient fait de manière fort convaincante. Les Patriots, eux, avaient péniblement fini la saison, perdant leurs 2 derniers matchs, tout en remplissant l’infirmerie. Donc, victoire des Chiefs? Ce serait bien mal connaître Tom Brady et son équipe. À domicile, les Patriots ont sorti l’arsenal du jeu aérien, et ont profité des largesses d’Andy Reid en fin de match pour franchir la prochaine étape.

Prenant le ballon en début de match, les Patriots ont vraiment donné le ton au match, en y allant d’une poussée offensive de 11 jeux, tous des passes, y compris de belles réussites en troisième essai. Rob Gronkowski conclut le tout en attrapant une passe de touché pour donner les devants aux Patriots, et ceux-ci n’ont jamais perdu cette avance. D’ailleurs, à leurs 14 premiers jeux, ils ont réalisé des passes, laissant complètement de côté le jeu au sol. Au total, ils ont effectué 42 passes contre 7 courses pour leurs porteurs de ballon. Si le ratio semble étrange pour une équipe qui a mené pendant tout le match, c’est simplement parce que Bill Belichick joue dans les forces de son équipe. Les Chiefs sont excellents contre le jeu au sol, et les porteurs de ballon des Patriots sont tout sauf menaçants. De plus, le front défensif des Chiefs était en très mauvaise forme dû aux blessures, donnant à Tom Brady tout le temps du monde pour effectuer ses passes.

Les Chiefs sont tout de même restés dans la partie, donnant une opposition honnête à leur adversaire. Ils ont dominé le temps de possession (ils ont eu la possession du ballon pendant 15 minutes de plus que les Patriots!), grâce à de nombreux succès sur des troisièmes et quatrièmes essais. Ultimement, ce n’est simplement pas une équipe bâtie pour revenir de l’arrière, surtout avec le dynamique Jeremy Maclin qui n’était pas à 100%. Ils font avancer le ballon, mais n’offrent aucune menace de longs jeux, ce qui est fatal contre des opposants d’expérience. Le meilleur exemple est une possession au premier quart qui dura 8 minutes et 31 secondes, dont ils durent se contenter d’un placement. L’ailier rapproché Travis Kelce, qui fut dominant dans le match précédent, s’est vu complètement effacé dans ce match. C’est un classique de Bill Belichick, qui est le maître dans l’art d’éliminer le meilleur élément offensif de l’équipe adverse.

Andy Reid doit également prendre une partie du blâme pour cette défaite. Avec les nombreux blessés chez les Patriots, Alex Smith avait le momentum avec lui à la fin du quatrième quart, et une remontée était encore très possible. Mais Reid, fidèle à ses habitudes, gère le cadran de manière incompréhensible. Avec 3 minutes à faire au match, à la porte des buts, et avec 2 possessions de retard, il gaspille une minute au complet pour réaliser 1 seul jeu. Puis, on appelle un jeu trop court après la pause obligatoire des 2 minutes, ce qui fait en sorte qu’après leur touché, il n’y avait qu’une minute et 13 secondes à faire au match, et il était trop tard.

Les Patriots ont une fois de plus dû pallier l’absence de plusieurs joueurs blessés. Si l’offensive fut épargnée dans cette partie, ce ne fut pas le cas en défensive. Le trio au complet des secondeurs, Jamie Collins, Jerod Mayo et Dont’a Hightower, ont quitté le match successivement. De plus, leur meilleur joueur de ligne défensive, Chandler Jones, déjà affaibli, a lui aussi dû s’absenter, si bien que sur la dernière séquence des Chiefs, presque la moitié de la formation des Patriots était des substituts.

Enfin, si les Patriots sont retournés sur le chemin de la victoire, c’est grandement en raison de Julian Edelman et Rob Gronkowski. Edelman, qui revenait d’une blessure, s’est vu viser 16 fois par Tom Brady. Il échappa quelques ballons en début de match, mais retrouva son rythme à mesure que la partie avançait, et on voyait une chimie évidente avec Brady. Gronkowski, lui, était le monstre que l’on connaît bien, alors que les Chiefs n’avaient aucune réponse pour le couvrir.

Fin de match incroyable et enfin une victoire en séries pour Carson Palmer

palmer-cardinalsAprès qu’Aaron Rodgers ait réussi un hail mary (un autre!) pour égaler la marque à la fin du quatrième quart, on imaginait mal que les Cardinals puissent trouver l’énergie nécessaire pour l’emporter en prolongation. Avec le moral dans les talons, Carson Palmer, qui connaissait un match plus qu’ordinaire, réussis un jeu incroyable pour rejoindre Larry Fitzgerald sur 75 verges, et les Cards finissent par l’emporter. D’ailleurs, c’est cette fin de match au complet qui était incroyable. Les Packers ont réussi 2 jeux des plus improbables que l’on a vus cette saison, mais ce ne fut pas suffisant, et on peut se permettre de remettre en question le format des séries.

Mais tout d’abord, revenons sur Carson Palmer. Parce que celui qui n’avait jamais remporté un match de séries de sa carrière a connu des difficultés, particulièrement près de la zone des buts. Il a d’ailleurs lancé 2 interceptions, et aurait dû en lancer une troisième si Sam Shields n’avait pas échappé un ballon qui était directement dans ses mains. Même le touché qu’il a lancé pour donner les devants aux Cardinals est le résultat d’un jeu chanceux, alors qu’il a dévié sur un joueur des Packers pour atterrir dans les mains de Michael Floyd. Il a également manqué David Johnson pour un touché presque assuré en début de match.

Un des sérieux problèmes que les Cards ont eus pendant tout le match était l’incapacité d’établir un jeu au sol. Ce même David Johnson, qui fut si dynamique pendant cette fin de saison, était incapable de passer le front défensif des Packers. Celui-ci fut dominant, car en plus d’embouteiller le jeu au sol, il mit beaucoup de pression sur Carson Palmer pendant toute la rencontre.

Le vis-à-vis de Palmer, Aaron Rodgers, fut loin d’être parfait également, mais aura donné toutes les chances à son équipe de gagner le match. Particulièrement quand Randall Cobb dut quitter le match après un magnifique attrapé (qui fut annulé à cause d’une punition). Les Packers avaient seulement 4 receveurs de passes en uniforme pour le match, donc après la blessure à Cobb, Rodgers devait travailler avec seulement James Jones, Jared Abbrenadis et Jeff Janis. Le simple fait d’avoir amené les Cards en prolongation avec ce trio de receveurs de passes est impressionnant. Il a toutefois été sauvé par une pénalité loin du jeu sur une horrible interception qui aurait été retournée pour le touché par Patrick Peterson, et qui aurait donné les devants à l’Arizona par 14.

Maintenant, parlons de cette fin de match. Parce qu’aussi impressionnante que cette remontée ait été, c’est la tertiaire des Cards et Bruce Arians qui en sont les principaux responsables. Arians parce que dans son choix de jeux en fin de match, il laisse 40 secondes de plus aux Packers, qui en auront grandement besoin. Puis, avec 55 secondes à faire au match, zéro temps d’arrêt, 7 points de retard et un quatrième essai et 20 à leur propre ligne de 4, Justin Bethel rate complètement sa couverture sur Jeff Janis, qui réussis un attrapé de 60 verges et les Packers sont encore en vie!

Le jeu suivant s’avérant une erreur de la part de Rodgers, les Packers se retrouvaient ensuite avec 4 secondes et 41 verges à aller chercher pour atteindre la zone des buts (donc, 1 seul jeu possible : le fameux hail mary). On assiste alors à une copie conforme avec la fin du match contre les Lions plus tôt cette saison, Rodgers rejoignant de nouveau Janis pour égaler le match. Janis utilisa la même stratégie que Richard Rodgers 6 semaines auparavant, décidant de reculer vers la zone des buts lorsque la passe fut lancée, prenant du même coup l’avantage positionnel pour attraper le ballon.

Avec le vent dans les voiles, on ne donnait pas cher de la peau des Cards en prolongation. Cependant, ils gagnèrent le pile ou face, et 3 jeux plus tard, ils avaient remporté la rencontre sur une course de Larry Fitzgerald. Celui-ci fut absolument dominant, retrouvant la forme de son parcours des séries de 2009, démontrant encore une fois qu’il est l’un des meilleurs à sa position. Il réalisa de nombreux attrapés importants pendant toute la deuxième demie, et remporta le match presque à lui seul en prolongation. Carson Palmer aura finalement remporté un match de séries, lui qui avait échoué à ses 2 dernières tentatives.

Cette victoire relancera le débat sur les règles concernant la prolongation, et avec raison. C’est inacceptable qu’on laisse un pile ou face déterminer le gagnant d’un match de séries. D’une part, ce serait plus juste pour l’équipe adverse, et de l’autre, les partisans en auraient encore plus pour leur argent. On comprend bien que la défensive des Packers aurait pu arrêter les Cards, mais c’est simplement mettre une trop grosse partie du résultat sur le hasard. La NFL avait déjà fait un bon pas en avant en laissant l’autre équipe reprendre le ballon suite à un placement, et elle aurait tout à gagner à faire un dernier ajustement à cette règle.

Histoire de deux demies

Seahawks Panthers FootballEn voyant les Seahawks se faire dominer de la sorte lors de la première demie, on était loin de penser que le match finirait par une différence d’une possession. Les Panthers menaient par 31 et le deuxième quart n’était même pas terminé. Cependant, les Seahawks ont réalisé 24 points sans réplique à la reprise du jeu, mais trop peu, trop tard, le football se joue sur 60 minutes.

Les Panthers ont commencé le match en rappelant à tout le monde pourquoi ils ont obtenu 15 victoires cette saison. Sur le premier jeu du match, Jonathan Stewart traverse la défensive des Seahawks pour un gain de 59 verges. 3 jeux plus tard, il rentrait dans la zone des buts donnant l’avance à la Caroline. D’ailleurs, à l’opposé des Patriots qui n’avaient fait que des jeux par la passe sur leur première séquence à l’attaque, les Panthers ont uniquement utilisé des jeux au sol sur leur première séquence. Donner le rythme du match en établissement le jeu au sol contre la défensive des Seahawks est épatant.

Presque immédiatement après, Russell Wilson, voyant la pression s’amener sur lui, lança une interception qui fut retournée pour le touché par Luke Kuechly, et moins de 4 minutes dans le match, les Panthers prirent les devants par 14 points. Ils marquèrent des points sur leurs 4 premières séquences offensives et avaient le contrôle complet du match. Ils avaient un net avantage physique sur leur adversaire, et Cam Newton n’avait aucun complexe, visant même à quelques reprises vers Richard Sherman. Le hic, c’est qu’ils ne marqueront plus un seul point après cela, laissant la porte ouverte à une remontée des Seahawks.

Ceux-ci ont bien tenté le coup. La deuxième demie fut complètement différente, et soudainement, les Seahawks, qui jouaient avec l’énergie du désespoir, y sont allés d’un effort admirable. Dès le début du troisième quart, ils ont marqué 2 touchés, et soudainement, l’écart n’était plus que de 3 possessions. La différence entre les 2 demis pour l’attaque des Seahawks est que Russell Wilson pris moins de temps pour effectuer ses passes, et cibla constamment Robert McClain et Cortland Finnegan, les demis défensifs substituts des Panthers. Il évita pendant pratiquement tout le match le joueur étoile Josh Norman, et pour de bonnes raisons. McClain et Finnegan étaient incapables de suivre les receveurs des Seahawks, particulièrement Jermaine Kearse.

Cependant, après ces 2 touchés rapides, l’attaque des Seahawks ne réussit plus à faire de point jusqu’à la deuxième moitié du quatrième quart, et rendue à ce moment, il était trop tard. Notons qu’ils ont réussi un beau jeu truqué sur les unités spéciales pour un gain important, mais que la possession fut stoppée par un important sac du quart de Norman.

Les Panthers ont définitivement profité au maximum de leur avantage du terrain. Cet avantage se traduisit par un terrain de jeu dont l’état était lamentable. Ce genre de condition favorise généralement de bonnes attaques au sol, mais ce fut le cas seulement pour la Caroline. Marshawn Lynch, qui effectuait un retour au jeu, n’eut aucun impact sur le déroulement du match, même que l’attaque des Seahawks semblait beaucoup plus dynamique lorsqu’il n’était pas dans la formation.

La troupe de Ron Rivera recevra donc les Cardinals la semaine prochaine dans ce qui promet d’être un duel fort intéressant. Les Panthers devront tenter de trouver une solution pour leurs demis de coin, surtout quand on connaît la qualité des receveurs de passes des Cards. De son côté, Carson Palmer devra certainement connaître un meilleur match, lui qui a tout un arsenal à sa disposition.

La retraite attendra pour Manning

manning-broncos-steelersLes Steelers ont vraiment tout donné lors de leur duel contre les Bengals, et n’avaient pas l’énergie nécessaire pour vaincre une autre défensive de qualité, peut-être même la meilleure de la NFL. Ça et la perte d’Antonio Brown, qui avait connu un excellent match lors du dernier duel entre les 2 équipes. Peyton Manning n’a peut-être pas connu une excellente performance, mais il a été efficace quand les Broncos en ont eu besoin.

On questionnait sérieusement l’état de santé de Ben Roethlisberger, lui qui s’était écrasé sur son épaule en recevant un sac de Vontaze Burfict lors du dernier match. La peur était qu’ils ne puissent pas lancer avec beaucoup de puissance. Eh bien, on a eu la réponse dès le premier jeu du match, alors qu’il tenta une bombe à Markus Wheaton, qui fut ratée parce qu’il lança le ballon trop loin.

En fait, étonnement, les Steelers ont complété de nombreux longs jeux contre les Broncos, alors que les Sammie Coates et Darius Heyward-Bey ont tenté de pallier à l’absence de Brown. Mais celui qui se démarqua le plus est sans aucun doute Martavis Bryant, qui accumula près de 200 verges au total, et qui nous rappelait les belles années de Plaxico Burress. À noter que la défensive des Steelers connut elle aussi beaucoup de succès, à l’exception d’une possession. C’est à se demander comment se fait-il que les Broncos l’aient emporté? Eh bien pour 3 raisons.

  1. Le positionnement sur le terrain. Les Broncos ont clairement dominé la bataille du positionnement sur le terrain. Sur 4 de leurs 5 placements, ils commencèrent leur possession soit dans le territoire des Steelers, soit à quelques verges du territoire des Steelers. Ainsi, même si l’attaque stagnait (à cause de plusieurs passes échappées entre autres), ils purent inscrire plusieurs points.
  2. La défensive des Broncos. J’ai parlé plus tôt qu’ils possèdent possiblement la meilleure défensive de la NFL. Pourtant, j’ai également mentionné que les Steelers avaient fait plusieurs longs jeux. En fait, c’est que l’unité défensive de Wade Phillips a beaucoup plié, mais elle a fait les gros jeux lorsqu’ils étaient nécessaires, n’allouant qu’un seul touché dans tout le match. Le vétéran DeMarcus Ware fut particulièrement bon, lui qui obtient possiblement une dernière chance de se rendre au Super Bowl.
  3. L’échappée de Fitzgerald Toussaint. Les Steelers menaient par 1 point au quatrième quart, et étaient en territoire des Broncos, prêt à augmenter leur avance. C’est à ce moment que Bradley Roby arracha le ballon des mains de Toussaint, qui fut recouvert par Ware. En toute honnêteté, son échappée n’était pas aussi grave que celle de Jeremy Hill la semaine passée, parce qu’il restait encore 10 minutes au cadran. Le problème, c’est que c’est à ce moment que Peyton Manning et les Broncos traversèrent le terrain pour inscrire le touché sur une importante possession de 6 minutes et 52 secondes, ne laissant que 3 minutes aux Steelers pour revenir de l’arrière. C.J. Anderson et Ronnie Hillman ont réalisé plusieurs courses importantes lors de cette possession, et on voit toute l’importance d’une attaque balancée chez les Broncos.

Un match entre les Steelers et les Patriots auraient sûrement donné un meilleur spectacle, mais on doit avouer qu’un dernier duel entre Peyton Manning et Tom Brady en séries n’est pas une mauvaise compensation. Il sera difficile de voter pour un ou pour l’autre. D’un côté, on aimerait bien que Manning ait une chance de finir sa carrière avec le Super Bowl. De l’autre, qui ne souhaiterait pas voir Roger Goodell remettre le trophée dans les mains de Robert Kraft et Tom Brady?

Voici mes prédictions : Patriots et Cardinals

À la semaine prochaine!

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