Actualité 2016-17

Wild Card 2017 : Analyse et observations

Pour cette première semaine de séries, la logique est respectée. Peut-être un peu trop même. Chacun des matchs s’est soldé par un écart de plus de dix points et les quatre équipes à domicile ont prévalu, le contraire exact de l’an dernier. Bien que l’on aurait aimé quelques confrontations plus serrées, je pense que personne ne pleurera le départ de Connor Cook, de Matt Moore et des Lions.

En fait, cette semaine était un mal nécessaire pour nous offrir les duels espérés samedi et dimanche prochain. Seahawks à Falcons : wow! Steelers à Chiefs : incroyable! Packers à Cowboys : fantastique! Texans à Patriots… bon, on ne peut pas tout avoir. N’empêche que je peux affirmer sans me tromper qu’on va avoir du vrai football de séries. D’ici là, voici comment s’est déroulée cette première ronde :

Les Texans cuisinent Cook et les Raiders

La première présence des Raiders en séries en 14 ans était entachée avant même le début. Privé de Derek Carr et du bloqueur étoile Donald Penn, les espoirs de l’équipe reposèrent sur une recrue n’ayant jamais été partant dans la NFL. Pour vous mettre en contexte, c’était la première fois de l’histoire qu’un quart-arrière effectuait son premier départ en carrière durant les séries. Ce qui devait arriver est arrivé. Connor Cook s’est joint à la lignée des Chris Simms, Todd Collins, Anthony Wright et Quincy Carter, soit des quarts dont on a déjà oublié qu’ils ont été partants pour un match de séries.

Les Raiders avaient établi un plan de match conservateur pour protéger Cook, mais cela joua vite contre eux. Sur un troisième essai et 12 au premier quart, Cook lança une interception en tentant une petite passe à son porteur de ballon derrière la ligne de mêlée. À sa défense, il fut piégé par un effort acrobatique de Jadeveon Clowney. Le résultat fut toutefois dévastateur, car les Texans marquèrent un touché sur le jeu suivant pour prendre une avance de 10-0.

Déjà à ce moment on sentait que les Raiders n’avaient plus de chances. Ils marquèrent un touché sur une belle séquence de Latavius Murray, mais ce fut tout. La défensive n’arrivait pas à créer de revirements, ce qui laissait les espoirs de remontée sur les épaules de la recrue. Cook avait peut-être l’habitude des stades bruyants au niveau collégial, mais il n’avait certainement jamais affronté une défensive du calibre des Texans. Clowney et Whitney Mercilus lui rendirent la vie difficile en appliquant constamment de la pression et Cook paniqua en résultat. Il manquait de précision et ses passes étaient flottantes. C’était sans compter les nombreux échappés de ses receveurs, dont un crucial sur l’une de ses rares passes parfaites à Amari Cooper.

De son côté, Brock Osweiler fut de loin supérieur à son vis-à-vis. Pas qu’il ne connût un grand match, mais il évita les erreurs. Il lança entre autres un bijou à DeAndre Hopkins en fin de première demie, suivi d’un touché deux jeux plus tard en visant une fois de plus Hopkins. La marque était de 20-7 pour les Texans à la mi-temps et Osweiler en fit juste assez en deuxième demie, c’est-à-dire qu’il évita les revirements, pour mener son équipe à la victoire.

Les Texans vont maintenant en Nouvelle-Angleterre où ils auront un défi colossal : ils seront les plus grands négligés en séries depuis 1998. Pour gagner, la paire Clowney/Mercilus devra être aussi, sinon plus dérangeante que contre les Raiders. On a vu l’an dernier contre les Broncos que Brady était vulnérable face à une pression incessante.

Les Seahawks s’envolent au quatrième quart

En considérant que le match avait seulement un écart de quatre points à l’amorce du quatrième quart, les Lions vont regretter d’avoir bousillé plusieurs chances en début de match. Les Seahawks ont su jouer leur meilleur football au bon moment, marquant des points à chacune de leurs trois dernières possessions.

C’est d’ailleurs en étant opportuniste qu’ils marquèrent les premiers points du match. Les Lions avancèrent bien le ballon sur une séquence à l’attaque à la fin du premier quart lorsqu’ils tentèrent un drôle de jeu sur un quatrième essai, l’une de leurs nombreuses erreurs dans ce match. Les Seahawks reprirent le ballon et marquèrent le touché sur une longue séquence à l’attaque où ils convertirent deux quatrièmes essais. Le touché fut un attrapé spectaculaire de Paul Richardson qui attrapa le ballon d’une main et retenu le protecteur facial de Tavon Wilson de l’autre. Il y avait clairement une punition à Richardson, mais juste pour l’effort, j’étais content que l’arbitre ne l’appelle pas.

Les Lions gardèrent le pointage serré, mais eurent peu d’occasions de revenir dans le match à cause du temps de possession (36:39 vs 23:21 en faveur de Seattle). Cette supériorité s’explique par l’éclatante performance de la Rawls Royce (crédit pour l’expression : Fantasy Footballers). Le porteur des Seahawks a dominé le front défensif des Lions et connu son meilleur match de la saison au meilleur moment. Ses 161 verges sur 27 courses forcèrent les Lions à respecter le jeu au sol, ce qui ouvrit la voie des airs en deuxième demie. Paul Richardson y alla de deux autres attrapés spectaculaires et Doug Baldwin prit le contrôle du quatrième quart, s’amusant face à la tertiaire des Lions. Rawls et Baldwin marquèrent les touchés et les Seahawks inscrivirent 16 points sans riposte lors du dernier quart de jeu.

J’ai mentionné les erreurs des Lions plus tôt, en voici quelques-unes : trois échappés en troisième essai (Tate, Ebron, Boldin), dont deux sur les deux premières possessions de l’équipe, le quatrième essai raté, deux punitions de conduite antisportive d’Anquan Boldin. Comme si ce n’était pas assez, l’arbitre reprend son mouchoir pour contact illégal après avoir jugé que la passe à T.J. Jones ne pouvait être attrapée par celui-ci, un appel très discutable. Combinez ces erreurs avec 23 minutes de temps de possession et vous comprendrez pourquoi ils n’ont marqué que six points.

Ce sera à Atlanta que les Seahawks vont continuer leur parcours. Il s’agit d’un match revanche pour les Falcons, qui s’étaient fait voler plus tôt cette saison lorsque l’arbitre fut trop gêné pour donner une punition évidente à Richard Sherman. Le défi sera de taille pour les Seahawks, mais leur expérience récente dans les séries pourrait leur donner l’avantage.

Aucun complexe pour les Steelers

Les Steelers s’étaient incliné plus tôt cette saison contre les Dolphins alors que ni Le’Veon Bell ni Antonio Brown n’avaient marqué de touché. Les deux vedettes ont fait oublier cette performance et l’équipe de Mike Tomlin a rapidement pris le contrôle pour ne jamais regarder derrière. Cette partie fut marquée par deux éléments principaux : le début de match explosif des Steelers et la débandade de Matt Moore à la suite du retentissant plaqué de Bud Dupree.

Les Steelers ont démarré la rencontre sur les chapeaux de roue. Ils marquèrent des touchés sur leurs trois premières possessions, ridiculisant autant la tertiaire des Dolphins que leur défensive contre le jeu au sol. Antonio Brown transforma d’abord deux courts gains en touché de 50 et 62 verges, puis sur la troisième possession, Le’Veon Bell couru sur dix jeux consécutifs pour finalement marquer un touché d’une verge. @leMaraudeurNFL nous avait avertis que Bell pouvait connaître un grand match et il le fit, récoltant 167 verges au sol et deux touchés. De son côté, Big Ben fut pratiquement intouchable lors de la première demie, complétant 11 de ses 12 tentatives de passe. En trois possessions, le trio vedette des Steelers a carrément remis en question la candidature du coordonnateur défensif des Dolphins Vance Joseph pour les postes d’entraîneur-chef disponibles.

Après le touché de Bell, le pointage était de 20 à 3, mais le quart des Dolphins Matt Moore jouait du bon football. Il compléta d’ailleurs deux longs gains à Kenny Stills et Devante Parker et les Dolphins étaient en position pour réduire l’écart au milieu du deuxième quart. On voyait même sur les réseaux sociaux plusieurs messages disant qu’il était meilleur que Ryan Tannehill. C’est à ce moment que Bud Dupree mit fin à la rencontre :

Sur les trois possessions suivant cette collision, Moore fut victime de trois revirements : deux échappés et une interception. Un tel plaqué laisse une trace sur la confiance d’un quart substitut et Moore semblait paniquer par la suite. Une petite controverse est apparue alors que certains (ici et ) affirment que Moore aurait dû rester sur les lignes de côté après ce coup violent. Peu importe, il est resté dans le match et les Steelers ont profité de ces trois revirements pour marquer dix points. Le reste de la rencontre était une formalité, les Steelers dégageant pour la première fois au quatrième quart.

Et Jay Ajayi dans tout cela? Ajayi a connu trois matchs de plus de 200 verges au sol cette saison : une fois contre les Steelers et deux fois contre les Bills. Si les Bills ont été incapables de s’ajuster lors de leur deuxième confrontation, les Steelers, eux, ont relevé le défi avec brio. Ajayi fut limité à 33 verges sur 16 courses et ne fut pas un facteur.

Les Steelers iront donc au bruyant Arrowhead Stadium dimanche prochain pour affronter une équipe qu’ils ont dominée plus tôt cette année. On souhaite que Ben Roethlisberger soit en pleine forme pour ce duel, lui qui portait une botte protectrice sur son pied droit lors de la conférence de presse d’après-match.

Plus rien n’arrête Aaron Rodgers

On s’attendait à ce que les Giants et les Packers nous offrent la rencontre la plus serrée de la fin de semaine. De toute évidence, nous nous étions trompés. Les Packers ont fait comme l’an dernier contre les Redskins : un lent début avant de se mettre en marche. Et une fois en marche, rien ne les arrêta. Une bonne ligne à l’attaque mélangée à la mobilité d’Aaron Rodgers vous donne une recette encore meilleure que celles de @Tremtou (aussi difficile que cela puisse être!).

Les Giants avaient le contrôle en début de rencontre. Ils avançaient les chaîneurs tandis que les Packers dégageaient le ballon sur leurs cinq premières possessions. Cependant le manque d’opportunisme des Giants leur coûta cher. Ils se retrouvèrent à deux reprises profondément dans le territoire de Green Bay sans marquer de touché. Le flamboyant Odell Beckham échappa entre autres deux passes, dont l’une pour un touché.

Étonnement, c’est après une blessure à Jordy Nelson qu’Aaron Rodgers se mit en marche. Il se reprit d’un mauvais début de match pour inscrire le premier touché des Packers sur une courte séquence où il lança entre autres une superbe passe de 31 verges à Davante Adams. Après un trois jeux-botté des Giants, Rodgers réalisa un autre miracle dont lui seul est capable. Il compléta un troisième hail mary en deux ans, cette fois-ci à Randall Cobb. Ironiquement, si Jared Cook n’avait échappé le ballon sur le jeu précédent, les Packers auraient probablement dû se contenter d’un botté de placement. Green Bay prit alors une avance de 14-6 à la mi-temps et semblait en bonne posture pour le reste de la partie.

Cependant, l’entraîneur des Packers Mike McCarthy offrit la chance aux Giants de revenir dans le match. Au milieu du troisième quart, avec un quatrième essai et court dans leur propre territoire, les Packers tentèrent le coup en courant avec Ty Montgomery, le porteur le plus léger de l’équipe. Les Giants le stoppèrent facilement et marquèrent deux jeux plus tard sur une bombe à Tavarres King.

Cette séquence aurait pu être le moment tournant de ce match, mais c’était sans compter la force de caractère d’Aaron Rodgers. Il orchestra une séquence pour le touché sur la possession suivante et marqua des points sur chacune des trois possessions d’après pour amener le match à un pointage de 38 à 13. Rodgers fut tout simplement fumant dans cette deuxième demie, complétant entre autres six passes de 15 verges et plus. Randall Cobb combla le vide laissé par la blessure à Jordy Nelson en attrapant deux autres touchés pour compléter son tour du chapeau.

Pendant que les Packers accumulaient les points, les Giants gaffèrent à plusieurs reprises. D’abord, Bobby Rainey y alla de la crampe de cerveau de la fin de semaine en attrapant le retour de botté d’envoi à la ligne de 3 au lieu de le laisser sortir pour une punition qui aurait donné le ballon aux Giants à la ligne de 40. Ensuite sur un échappé d’Eli, personne sur le terrain à l’exception de Clay Matthews n’eut la présence d’esprit de récupérer le ballon. Les sifflets ne s’étaient pas fait entendre, alors on se demande bien pourquoi personne n’a tenté de recouvrir le ballon. Enfin, les Giants en arrachèrent dans les tranchées. Le front offensif et le front défensif des Packers dominèrent ceux des Giants, ce qui donna beaucoup de temps à Rodgers pour effectuer ses passes et peu de temps à Eli.

Franchement, à voir la forme dans laquelle Aaron Rodgers est, j’aurais peur à la place des partisans des Cowboys. Cependant je serais surpris que la gang à Jerry Jones soit intimidée. Après tout, les Cowboys ont vaincu les Packers à Green Bay plus tôt cette saison. Un bon festival offensif à l’horizon!

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