Actualité 2016-17

Demi-finale d’association NFL 2017 : Analyse et observations

On avait droit à quatre matchs revanches pour les demi-finales de conférence et deux équipes ont réussi à venger leur défaite de saison régulière. D’abord les Falcons, dans un massacre en règle des Seahawks, et ensuite les Packers, dans une pièce d’anthologie, de loin la meilleure partie de la fin de semaine. Les deux vainqueurs s’affronteront en finale de conférence, ce qui promet un festival offensif.

Du côté de l’AFC, les Patriots ont profité de Brock Osweiler pour l’emporter par 18 points et les Steelers, bien que peu opportunistes, ont encore eu le dessus sur les Chiefs. Ni un ni l’autre n’ont impressionné et l’on souhaite qu’ils aient gardé leur meilleur football pour dimanche prochain.

Les Falcons sur une lancée

À son premier match de séries en quatre ans, Matt Ryan s’est assuré d’éviter toute controverse. Il a joué comme le joueur par excellence qu’il sera et n’a eu aucune pitié pour la défensive des Seahawks. Ayant perdu sur un jeu contesté lors de leur confrontation plus tôt cette saison, les Falcons ont pris les précautions nécessaires cette fois-ci. Ils ont pris une avance de deux possessions à parti de la fin du deuxième quart et ne l’ont jamais perdue.

Le match des Seahawks avait pourtant bien commencé. Sur la première possession du match, ils gardent le ballon pendant plus de huit minutes et marquent un touché. Ce sera le seul touché de l’équipe jusqu’à la fin du quatrième quart, au moment où le match était hors de portée.

Ce qui changea l’allure de la partie est un touché de sûreté concédé par Seattle alors qu’ils menaient 10 à 7. Le garde à droite remplaçant Rees Odhiambo, entré sur le terrain à cause d’une blessure à Germain Ifedi, pila sur le pied de Russell Wilson, qui lui, tomba dans la zone des buts. Tout s’effondra par la suite : les Falcons marquèrent les 17 points suivants, le demi défensif DeShawn Shead quitta le match après une blessure grave (en apparence) et les Seahawks perdirent le contrôle du temps de possession et beaucoup de rythme au passage.

En fait, le touché de sureté est emblématique des problèmes de l’équipe sur la ligne à l’attaque. Parmi toutes les équipes de la NFL, les Seahawks ont investi le moins sur leur ligne à l’attaque. Ce sous-investissement a marché pendant quelques années, mais il est évident que la tendance doit être terminée. Comme à plusieurs reprises cette saison, Russell Wilson a couru pour sauver sa vie tout au long du match. De plus, la ligne fut incapable d’ouvrir le chemin à Thomas Rawls, qui fut limité à 11 courses dans tout le match, donc seulement cinq après la première possession. Tout de même, donnons une mention spéciale au receveur Paul Richardson, la révélation de l’équipe dans ces séries. Richardson a enchaîné les attrapés spectaculaires durant les deux matchs et démontre qu’il doit être plus impliqué dans l’offensive l’an prochain.

Mais cessons de parler des Seahawks, car l’équipe qui a gagné, elle, a joué tout un match. Les Falcons ont marqué des points lors de six de leurs huit premières possessions et tout semblait facile pour eux. En saison régulière, ils avaient marqué en moyenne 35 points par match et ils ont poursuivi sur cette lancée en marquant 36 points contre une défensive avec une forte réputation.

Ryan a distribué le ballon de façon intelligente, convertissant presque tous les troisièmes essais d’importance. Lorsqu’il compléta avec aise une séquence à l’attaque de 99 verges à la fin du deuxième quart, on savait que les Seahawks étaient dans le trouble. Ses porteurs de ballon eurent beaucoup de succès également, y allant de belles courses et étant particulièrement efficaces sur le jeu aérien (Freeman et Coleman ensemble : sept réceptions sur neuf tentatives pour 102 verges et un touché). Ah, et Julio Jones a gagné par K.-O. au premier round sa confrontation avec Richard Sherman.

Plus difficile que prévu pour les Pats

Les Patriots iront à un sixième championnat de conférence de suite, mais pas sans embûches. La défensive des Texans aura au moins réussi à rendre le match intéressant, frappant Tom Brady à chaque occasion possible et maintenant la rencontre à une possession d’écart jusqu’au dernier 15 minutes. Ultimement, le match aurait pu aller d’un côté ou de l’autre si les Texans avaient un quart-arrière digne de ce nom.

Brock Osweiler a l’air fonctionnel lorsqu’il affronte une défensive comme celle des Raiders, mais contre Bill Belichick et une équipe bien préparée, il n’a aucune chance. Osweiler a eu l’air aussi compétent que sa réputation le laisse savoir, ruinant les chances de son équipe dans un match qui fut serré pendant un bon moment. L’exemple le plus frappant : avec une possession de différence, au quatrième quart, DeAndre Hopkins est complètement seul au milieu du terrain. Osweiler lance beaucoup trop haut, le ballon frappe la main de Hopkins et se retrouve dans les numéros de Logan Ryan. Deux jeux plus tard les Pats marquent le touché et la partie était terminée.

En fait, si le match fut serré, c’est le résultat de deux choses : les bévues des Pats et la défensive de Romeo Crenell. Voici ce qui a provoqué les 16 points des Texans :
– Pénalité pour conduite antisportive d’Eric Rowe après avoir arrêté les Texans sur un troisième essai : 3 points
– Interception d’A.J. Bouye à la suite d’une passe dévié sur les mains de Michael Floyd : 3 points
– Échappé de Dion Lewis sur un retour de botté : 7 points
– Interception d’Andre Hal sur une mauvaise passe de Brady : 3 points

Sur trois des quatre séquences qui ont mené à des points, les Texans ont pris le ballon dans le territoire de la Nouvelle-Angleterre. Enfin, pour en conclure avec le pauvre Osweiler, sa plus belle passe de la journée, une bombe pour un touché qui aurait réduit l’écart à quatre points au troisième quart, fut échappée par Will Fuller.

De leur côté, les Patriots n’ont pas joué du football de championnat. Face à une coriace défensive, ils ont eu toute sorte de misère à maintenir un peu de rythme après avoir pris une avance de 14 à 3 au premier quart. Avancer le ballon contre la défensive des Texans s’est avéré un exercice compliqué, mais ils ont trouvé les solutions, entre autres en exploitant deux confrontations inégales.

D’abord les porteurs de ballon Dion Lewis et James White se sont retrouvés deux fois en situation un contre un contre le secondeur Benardrick McKinney. Le résultat : deux touchés. Lewis a d’ailleurs marqué un tour du chapeau, soit un touché sur une réception, un touché sur retour de botté et un touché au sol. Il était un peu étrange que Lewis détienne la majorité des jeux au profit de LaGarrette Blount, même dans la zone des buts et en situation de court gain. Les trois touchés semblent donner raison à Belichick, mais Lewis a également échappé le ballon deux fois. Gageons que Blount devrait être plus impliqué la semaine prochaine.

L’autre confrontation exploitée par Brady fut Julian Edelman contre le demi de coin Kareem Jackson. À trois occasions Brady visa Edelman pour un gain de plus de 20 verges alors que Jackson le surveillait. Ces longs jeux ont permis aux Patriots de se sortir de leur marasme. Se faisant frappé à plusieurs reprises (les Steelers devront se le rappeler), Tom Brady a connu un match ordinaire, sans plus, lançant autant d’interception (deux) que dans toute la saison régulière et forçant ses receveurs à faire des ajustements en cours de tracé. Chris Hogan a également connu un bon match, convertissant ses quatre cibles pour de bons gains.

Le match de l’année remporté par Green Bay

On l’attendait avec impatience ce premier match passionnant des séries 2017 et on l’a eu à Dallas dimanche après-midi. L’issue de la rencontre fut décidée par un autre miracle signé Aaron Rodgers après que son équipe ait bousillé une avance de 18 points en première demie. Les Packers l’emportent 34 à 31, mais Dak Prescott et Ezekiel Elliott n’auront pas à rougir de leur première présence en série en carrière.

Voyant le botteur des deux équipes s’échanger des placements de plus de 50 verges lors des deux dernières minutes de jeu, les Packers étaient en situation de troisième et 20 à leur ligne de 32 avec 12 secondes à faire au match. On se dirige vers la prolongation, non? Eh bien non. Rodgers complète une improbable passe de 36 verges à Jared Cook et place son équipe en position de placement. C’est l’habileté unique du quart des Packers à s’échapper de sa pochette protectrice pour trouver plus de temps qui a mené à ce miracle. Le jeu de Rodgers était spectaculaire, mais celui de Cook l’était tout autant, utilisant la pointe de ses pieds pour rester en jeu.

N’empêche que ce jeu n’aurait servi à rien n’eut été Mason Crosby. Les botteurs ont connu toute sorte de difficulté cette année, mais Crosby a sauvé la saison des Packers. Non seulement il a réussi le placement de 51 verges suivant l’attrapé de Cook pour donner la victoire à son équipe, mais il en a réussi un de 56 verges peu de temps avant. Ce placement de 56 verges était encore plus important que le deuxième : s’il avait été manqué, les Cowboys auraient repris le ballon à leur ligne de 38 avec 1 min 33 s pour monter le terrain et possiblement l’emporter.

Si le match était serré à la fin, il ne l’était certainement pas au début. Les Packers ont marqué des touchés sur leurs trois premières possessions, des séquences de 75, 80 et 90 verges. Rodgers a repris là où il l’avait laissé contre les Giants en dominant complètement la défensive des Cowboys sur ces séquences. Toutefois, l’unité de Rod Marinelli fit de bons ajustements, notamment en blitzant un peu plus, et réussit à limiter l’offensive des Packers à un seul autre touché après leur séquence de début de match. Elle força même Rodgers à lancer une interception, une première en neuf parties.

La défensive des Cowboys n’est pas la seule unité à s’être améliorée en cours de rencontre. Dak Prescott fut loin d’être parfait, mais démontra beaucoup de caractère pour une recrue. Tirant de l’arrière par 18 points au deuxième quart, il ramena d’abord son équipe à une possession à la mi-temps. Puis, avec un retard de 15 points au quatrième quart, il joua son meilleur football, égalant même le pointage à deux reprises. Je le répète, on parle d’une recrue. Les quarts recrues ne sont pas censés faire ce genre de performance en éliminatoire.

Prescott profita de son excellente ligne à l’attaque pour viser à profusion Dez Bryant, dont la confrontation avec LaDarius Gunter était incroyablement inégale. On pouvait voir à quel point les Packers manquaient de profondeur à la position de demi de coin, alors qu’ils ont laissé Gunter en homme-à-homme avec Bryant pendant la majorité de la partie. Le résultat : Bryant a amassé 132 verges de réception et deux touchés à des moments cruciaux (pour les ramener dans le match à 21-10 et pour égaler la partie au quatrième quart).

De son côté, Ezekiel Elliott a connu un excellent match. Même que je demandais parfois pourquoi il ne fut pas plus utilisé. Dans certaines situations de court gain, les Cowboys ont préféré tenter une passe malgré les succès de leur jeune porteur de ballon. Par exemple, sur un deuxième essai et une verge au 19 des Packers au troisième quart, alors qu’Elliott accumulait les gains positifs, les Cowboys tentèrent une courte passe au lieu de courir. Micah Hyde flaira le jeu et intercepta le ballon. Au final, Elliott a amassé 125 verges sur 22 courses contre un front défensif des Packers reconnu pour être solide contre le jeu au sol.

Boswell mène les Steelers à la victoire

Ne vous fiez pas au pointage, le match entre les Chiefs et les Steelers ne fut pas serré en terme de niveau de jeu. Les Steelers ont dominé ce match défensif, mais ont fait preuve de peu d’opportunisme pour s’éloigner de leur adversaire. Leurs 18 points ont été le résultat de six placements de Chris Boswell et les Chiefs ont passé bien près d’égaler le pointage en fin de match, mais sans succès.

Perdant 18 à 10, les Chiefs ont marqué un touché en fin de quatrième quart sur une course de Spencer Ware et avaient besoin d’un converti de deux points pour égaler le pointage. Alex Smith réussit sa passe à Demetrius Harris, mais l’arbitre lança son mouchoir. Le bloqueur à gauche Eric Fisher retenait James Harrison et les Chiefs devaient se réessayer dix verges plus loin. Ils ratèrent leur deuxième tentative et ayant un seul temps d’arrêt (allo, Andy Reid), ils ne touchèrent plus au ballon par la suite. La pénalité à Fisher était d’autant plus crève-cœur que les Chiefs avaient converti deux quatrièmes essais sur la séquence menant au touché de Ware.

Opportunisme sera le mot qui devra être tapissé dans le vestiaire des Steelers en vue du match contre les Patriots. Les Steelers ont dominé le temps de possession, les premiers essais, le nombre de verges au total, le nombre de verges par jeu, l’efficacité au troisième essai et la bataille des revirements. En plus, les Steelers ont marqué six fois contre trois fois pour les Chiefs, et malgré tout, les Chiefs étaient à une pénalité d’Eric Fisher d’égaler la marque.

Le’Veon Bell fut la vedette offensive de ce match, s’assurant de contrôler le cadran avec plusieurs longs gains. Il a amassé 170 verges sur 30 courses et en compte maintenant 337 en deux matchs de séries. Ses courses placèrent constamment les Steelers en bonne position pour marquer des points et donnèrent un sérieux avantage en terme de positionnement de terrain. Sur dix possessions, huit fois les Steelers sont entrés en territoire des Chiefs. Big Ben et Antonio Brown ont également bien joué, mais sont restés plus discrets que lors du match contre les Dolphins.

Pour ce qui est de Kansas City, à l’exception de deux possessions (leur première et leur dernière), l’attaque d’Alex Smith fut moribonde. Sur neuf séquences à l’attaque, seulement deux fois elle accumula plus de 20 verges. Un de leurs problèmes était James Harrison. Le vétéran de 38 ans a donné une leçon à Eric Fisher, qui doit encore faire des cauchemars de sa punition aujourd’hui. Smith a connu un match typique, c’est-à-dire efficace, mais peu spectaculaire. Il réussit quelques beaux jeux comme une passe à Jeremy Maclin sur un troisième essai et 20, mais fut incapable d’établir un rythme en offensive. Il fut également abandonné à quelques reprises par les échappés de ses receveurs.

Tyreek Hill est un joueur explosif, mais le problème avec ce genre de joueur est qu’il vit et meurt avec les longs jeux. Les Steelers ont fait un bon travail pour limiter ses gains et Hill ne toucha le ballon que sept fois en offensive pour 45 verges. Quant à Travis Kelce, il a récolté 77 verges, mais s’est surtout fait remarquer pour les mauvaises raisons. Sur deux jeux consécutifs, il échappa une longue passe d’Alex Smith qui aurait positionné les Chiefs dans la zone payante et ensuite, prit une punition stupide pour conduite antisportive.

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