Actualité 2018-19

X’s et O’s du Super Bowl 53 – Quels duels vont décider ce match?

Les Patriots sont de retour au Super Bowl, pour la 9e fois en 18 ans. Qu’on les aime ou non, qu’on soit tannés de les voir là ou non, il faut reconnaître qu’ils sont bons pour le spectacle: chacun de ces 8 Super Bowls s’est terminé par un écart d’un seul touché ou moins, le thriller explosif de l’an dernier étant le MOINS serré de tous!

En comparaison, seulement 7 des 26 autres depuis 1984 ont été serrés (écart de 8 points ou moins). Les Rams vont tenter de causer la surprise, si vous n’êtes pas trop distraits par les ailes, la bière et les annonces, portez attention à ces détails tactiques qui vont probablement décider du match.

Quand les Patriots ont le ballon :

Pour la 3e semaine de suite les Patriots affrontent une attaque prolifique, mais une défense qui a des difficultés à stopper le jeu au sol. C’est donc une recette relativement simple que Josh McDaniels et son unité vont concocter, la même que depuis le début des séries : beaucoup de jeux avec le FB James Develin, une attaque au sol physique, complexe et multiple. Presque plus personne n’opère ce genre d’attaque en 2018, mais les Pats ont l’air d’avoir réanimé l’époque de Antowain Smith et de Clock Killin’ Corey Dillon. La semaine dernière Develin a été sur le terrain pour 41 jeux, son plus gros total de la saison et un niveau d’utilisation que seul Kyle Juszczyk a atteint dans un match cette saison dans toute la ligue.

Sur leur première séquence, ils ont eu 7x des situations de 1er et 10 : sept courses, sept jeux différents. Cette semaine ne devrait pas faire exception, car la diversidevant ce genre d’attaque, il faut essentiellement que vos LBs puissent gagner leurs duels physiques face au FB et au TE. Je vois difficilement comment les LBs des Rams pourront gagner face à Develin et Gronk, même si Donald, Brockers et Suh réussissent à donner du fil à retordre à l’intérieur de la OL des Pats, qui joue merveilleusement bien depuis deux mois.

Et si les Rams exagèrent contre la course, soit par leur choix de personnel (comme ils l’ont fait contre les Cowboys, ne respectant pas la menace de Prescott et ayant constamment un joueur de plus dans la boîte), soit par leur agressivité à attaquer les « gaps », c’est dommage mais le « play-action » de Brady va les manger, parce que ces mêmes LBs ne sont pas capables de gagner des duels face à Gronk, Michel, Burkhead et surtout James White. White va saliver quand il va regarder le match de championnat de la NFC et les tentatives de Cory Littleton de couvrir Alvin Kamara.

Wade Phillips a vu neiger, et a connu sa part de succès contre Brady et les Pats au cours des dernières années… mais il avait du meilleur personnel à sa disposition, surtout au niveau des LBs (Marshall et Trevathan), et c’était une version différente de l’attaque des Patriots, axée sur la passe. Les Pats de cette saison sont différents. Il aura peut-être un peu d’aide de Brandin Cooks, qui jouait pour les Patriots l’an passé et qui, sans connaître les signaux 2019 (un jeu dangereux), a une excellente idée de comment McDaniels, Brady et compagnie vont approcher chaque situation et réfléchir.

C’est plate à dire mais la force des Rams est la capacité de Donald et Suh de provoquer des problèmes dans le champ-arrière, ce qui sera plus difficile contre une attaque au sol aussi diverse, et la capacité de Aqib Talib et leur tertiaire de contrôler de gros WRs physiques, ce que les Pats n’ont pas.

Evidemment l’expérience de Brady et sa capacité être de glace quand ça brasse autour de lui sera cruciale, car il y aura quand même, comme en prolongation la semaine dernière où il a converti trois fois sur 3e et long, des moments où il faut lancer la balle, et Donald et compagnie vont mettre de la pression directement dans sa face. L’expérience, ça ne s’achète pas : regardez ces chiffres, qui comparent la carrière en séries de Brady, vs la carrière complète, saison et séries, de Jared Goff.

Quand les Rams ont le ballon :

Vous avez compris que je crois que les Patriots vont contrôler l’horloge, raccourcir le match et marquer des points. Il faudra donc que les Rams suivent le rythme, et le fassent sachant qu’ils auront probablement deux ou trois possessions de moins que normalement pour le faire.

On ne veut pas l’entendre, mais les arbitres auront un rôle important. Les Patriots jouent énormément de « press man ». N’importe quelle équipe pourrait se faire pénaliser pour contact illégal, retenu ou interférence sur presque chaque jeu, selon l’humeur de l’arbitre, en jouant cette stratégie. Inversement, les Rams jouent énormément de jeux à motions, de formations « bunch » (3 receveurs très près l’un de l’autre), de « stack releases » (deux receveurs l’un derrière l’autre) et de formations condensées où les receveurs ne sont qu’à quelques verges des bloqueurs. Ça mène à beaucoup de « picks » qui devraient parfois être considérés comme de l’interférence offensive, et de passes voilées qui sont susceptibles d’avoir des OL inéligibles dépassés la zone permise, ou de retenues, car les OL sont plus faciles à voir avec l’espace autour d’eux.

Les arbitres semblent avoir eu la consigne de « les laisser jouer » cette saison en séries. Jusqu’à quel point c’est vrai aura un impact sur le match c’est certain, et cela inclut à quel moment les équipes auront établi la limite de ce qui est permis et pourront pousser l’enveloppe au maximum du légal.

Les Rams vont devoir être créatifs. Le « outside zone » à Todd Gurley est la base de leur attaque au sol, mais une chose que les Patriots, depuis des lunes, sont parmi les meilleurs à stopper. Par contre, défensivement, les Pats sont les plus enclins à jouer homme@homme (ils ont joué leur première zone au 3e quart la semaine passée, du jamais vu dans la NFL depuis des lunes), ce qui peut devenir compliqué avec toutes les motions, ajustement « pre-snap », les changements de direction, et surtout, les motions « jet » (ou un receveur est en course pour prendre une remise directe du QB dès la mise en jeu) rendent difficile d’être H@H et de respecter ses responsabilités de contenir le jeu vers l’intérieur en plus de suivre son joueur. On verra peut-être les Pats jouer un peu plus de zone qu’a l’habitude, pour éviter le grosses erreurs, sur les situations de course. Mais sur 3e et long, ils vont revenir à leur carte de visite, les « press man ». Les Pats connaissent Brandin Cooks, qui était avec eux l’an passé, et savent fort bien qu’il étouffe quand on le presse, mais que s’il y échappe, sa vitesse est difficile à contenir. J’ai l’impression qu’on verra du H@H, Gilmore sur Woods, et qu’on aura constamment deux joueurs sur Cooks, un peu comme Tyreek Hill la semaine passée. Je crois que Gurley et Cooks sont les deux joueurs “spéciaux” des Rams, qui peuvent faire le gros jeu et ainsi garder les Rams dans le match.

On devrait voir les Rams étirer le terrain de manière horizontale afin de créer des brèches pour Gurley et CJA. Ils sont quand même la 2e équipe qui a fait le plus de remises aux WRs cette saison… loin derrière les Pats mais cela inclut les portées de Cordarelle Patterson alors qu’il était aligné en « I » derrière le QB.

L’utilisation du “jet » ou du jeu renversé, en feinte ou en remise, sera leur façon d’établir le jeu au sol et d’ouvrir le « play-action », sans quoi le match pourrait être long pour Jared Goff. Les Rams ont connu beaucoup de succès sur « play-action », et sur des passes qui étirent les zones et créent de grandes fenêtres pour Goff. Donc, il faut avoir une menace de course crédible avec beaucoup de changements de formation avant la mise en jeu, forcer les Patriots à se commettre pour stopper la course ou au minimum de jouer en zone pour pouvoir l’exploiter. Je ne crois pas que Goff puisse simplement reculer, lire la D des Pats et mettre le ballon dans les mains de ses receveurs dans de petites fenêtres causées par un h@h serré.

On parle peu de la DL des Pats, mais ils mettent de la pression. Tous les QBs sont affectés par la pression, mais Goff plus que les autres, selon Pro Football Focus. Il est 3e de la ligue quand la pochette tient le coup, mais seulement 26e quand il est sous-pression. Il manque un peu de profondeur sur la DL, on a vu la semaine dernière que quand Trey Flowers était fatigué, la pression ne se rendait plus.

Ceci dit, la défensive actuelle de Belichick est l’une des moins talentueuses de celles qu’il a menées au Super Bowl, et ce manque de talent finit par paraître. Ils ne vous « donneront » rien, mais n’ont pas toujours les chevaux pour tenir tête aux meilleurs, comme on l’a vu face à Mahomes en 2e demie la semaine dernière. Il faudra que Goff se démarque et se défasse de son étiquette de « qb de système » et créé de gros gains par lui-même car sa première lecture ne sera pas toujours là. McVay pourra l’aider entre autres en dessinant des jeux qui profitent de l’agressivité des Pats en défense, comme s’inspirer du touché sur la passe voilée à Damien Williams pour les Chiefs dans le match de championnat de la AFC. Voyez comment tout le monde en défensive exagère sur les tracés en croisés (une des forces des Rams d’ailleurs) vers la droite :

En terminant, je remarque une chose : les Rams ont été dominants en attaque depuis deux ans, mais Goff a connu trois de ses quatre pires matchs dans une mauvaise séquence aux semaines 13-14-15 cette saison. Les adversaires étaient les Lions, Bears et Eagles. Les deux derniers ont d’excellentes DLs qui ont fait du grabuge contre la plupart des OLs qu’ils ont affronté cette saison, ce qui peut expliquer les déboires. Mais les Lions? Coachés par Matt Patricia, ex-Patriots et disciple de Darth Hoodie? C’est évident que Belichick va lâcher un coup de fil à son ex-protégé, ou du moins étudier ce film avec beaucoup d’intérêt.

Alors amusez-vous pendant le match et n’abusez pas trop des bonnes choses!

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